Le début de l’abolition des heures

35 heures, un an de manœuvres

Alors que la CFDT et la CGT appellent à la mobilisation aujourd’hui contre la remise en cause des 35 heures, «Libération» raconte les dessous d’une négociation où le ministre du Travail a mêlé RTT et représentativité syndicale… jusqu’à braquer les deux syndicats.

FRANÇOIS WENZ-DUMAS

QUOTIDIEN : mardi 17 juin 2008

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Qui a décidé de livrer bataille à la CGT et la CFDT sur les 35 heures? Ce bras de fer avec les deux plus gros syndicats français, rejoints par la FSU et Solidaires, personne n’en voulait. Pas même le Medef. Et aujourd’hui, les appels à manifester visent à protester contre les projets du gouvernement contre les retraites et les 35 heures. Mais c’est aussi et presque surtout pour dénoncer un manquement à la parole donnée par le gouvernement que la CGT et la CFDT se mobilisent. Dans leur ligne de mire, le ministre du Travail Xavier Bertrand, coupable à leurs yeux d’avoir tenu un double discours sur la nécessité de rénover le dialogue social. Retour sur une négociation lancée en juin 2007, et qui s’est conclue avec deux grands syndicats qui traitent un ministre de «menteur».

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Juin 2007

35 heures et représentativité, les négociations impossibles

L’assouplissement des 35 heures, nul ne le conteste, était au programme du candidat Sarkozy. Et comme le dit aujourd’hui le conseiller social de l’Elysée, Raymond Soubie, «le président de la République n’a jamais varié sur le sujet». Dès juin 2007 donc, soit un mois à peine après son élection à l’Elysée, Matignon envoie deux lettres aux partenaires sociaux. L’une pour leur demander de négocier sur la modernisation du marché du travail. L’autre sur la représentativité syndicale.

Les syndicats pensent à l’époque qu’ils n’ont aucune chance d’arriver à un accord sur la représentativité. «Dès le départ, on se doutait que ce serait très, très compliqué, se souvient Marcel Grignard, secrétaire nationale et négociateur pour la CFDT. Car si avec la CGT, on était à peu près sur la même ligne, les trois autres (FO, CFTC et CGC, ndlr) savaient qu’ils allaient y laisser des plumes.»

Dans le camp patronal, les choses sont au moins aussi compliquées. L’équipe dirigeante du Medef, autour de Laurence Parisot, est plutôt d’accord avec la CGT et la CFDT pour trouver un système qui renforce la légitimité des gros syndicats. Mais sa principale fédération, l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), y est farouchement opposée. Elle estime que Force ouvrière et la CFTC doivent rester des alliés indispensables du patronat.

Quant aux 35 heures, on estime côté Medef que les pouvoirs publics auraient dû supprimer purement et simplement la notion même de durée légale du travail. Les syndicats rappellent, eux, que depuis la loi Larcher de janvier 2007, tout sujet social doit être ouvert à la négociation pendant six mois avant de légiférer. Le gouvernement doit donc renoncer à sa première idée d’intégrer les 35 heures dans sa loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d’achat) votée dès août 2007.

Automne 2007

Le scandale UIMM change la donne

En novembre, Xavier Bertrand gère en douceur le conflit des régimes spéciaux. Il soigne son image auprès des syndicalistes qu’il reçoit régulièrement rue de Grenelle. On ne parle pas des 35 heures. De la représentativité syndicale non plus. Mais la mise sur la touche de l’UIMM va changer la donne. Quand l’affaire des retraits en liquide sur les comptes de la fédération patronale a éclaté, le 26 septembre 2007, le Medef et les syndicats n’ont qu’une idée en tête : clamer haut et fort qu’ils n’ont rien à voir avec les turpitudes des patrons de la métallurgie et leur une caisse noire dotée de près de 600 millions d’euros. La polémique vire à l’aigre entre Laurence Parisot et «ces messieurs de l’UIMM», qu’elle traite de «sacrés menteurs». Les têtes tombent, à commencer par celle du président, Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen et contraint par ses pairs de démissionner. Et l’UIMM, qui avait toujours mis son veto à une modification des règles de représentativité et cumulait les postes de négociateurs au nom du Medef, se retrouve hors-jeu.

19 décembre 2007

La mise en demeure de Nicolas Sarkozy

Les cheminots ont repris le travail. Nicolas Sarkozy se dit qu’il est temps de reprendre la main sur le terrain social. Il convoque patronat et syndicats le 19 décembre à l’hôtel de Marigny, en face de l’Elysée, où le colonel Kadhafi vient juste de replier sa tente. Il leur fixe trois figures imposées: achever la négociation sur le marché du travail, ouvrir celle sur la représentativité syndicale, et faire dans ce cadre des propositions visant à «simplifier la réglementation sur le temps de travail».

L’accord sur la modernisation signé par quatre syndicat sur cinq (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sera bouclé le 11 janvier. Deux semaines plus tard, le 24 janvier, s’ouvrent les discussions sur la représentativité. Les négociateurs conviennent de se retrouver chaque jeudi matin. «Très vite», raconte Marcel Grignard, «on a compris que, côté syndical, on n’avait aucune chance d’arriver à contenter tout le monde. Et côté patronal, ça tiraillait au moins aussi fort». Et «à aucun moment, la question du temps de travail n’a été abordée, assure Marcel Grignard. Nous n’avons discuté que de la représentativité.»

8 avril 2008

Le Medef met les 35 heures sur la table

Les négociateurs se sont fixés deux jours, le mardi 8 et le mercredi 9 avril, pour conclure ou constater l’échec de la négociation. «On a reçu la veille au soir le document préparatoire du Medef. A notre grande surprise, il comportait un nouvel article 17, sur les 35 heures», raconte un des négociateurs. Le Medef a-t-il pris tout seul l’initiative d’ajouter le sujet temps de travail à la représentativité? Ou cette idée lui a-t-elle été soufflée, et si oui par qui? «Ce n’est pas nous qui avons imposé le sujet, fait-on remarquer chez Xavier Bertrand. C’est le Medef qui a pris l’initiative de proposer cet article 17». Le 7 avril pourtant, lors de la remise de la Légion d’honneur à la Danièle Karniewiscz, présidente CGC de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), le ministre s’est lourdement répandu auprès des syndicalistes présents pour expliquer qu’il leur fallait «aller beaucoup plus loin sur les 35 heures».

Le 10 avril à 3 heures du matin, la négociation est bouclée. La CGC a obtenu que la représentativité puisse être appréciée séparément pour les cadres. La CFTC a réussi à faire descendre à 8% le seuil à partir duquel un syndicat est jugé représentatif dans une branche et au niveau interprofessionnel. Du coup, la CFDT, la CGT et le Medef espèrent à ce moment-là que la CFTC et la CGC se rallieront à cette «position commune», d’autant que sur le fameux article 17 sur les 35 heures, chacun a l’impression d’avoir trouver une porte de sortie honorable avec les verrous de l’expérimentation et de l’accord majoritaire.

21 mai 2008

CGT et CFDT s’estiment trahies

Xavier Bertrand commence ses consultations dès le 10 avril. A la CFTC, le secrétaire général de la fédération de la métallurgie est le plus virulent contre l’accord. Et la CGC indique très vite qu’elle ne signe pas non plus. Les «petits syndicats» naguère choyés par l’UIMM ont bien compris que leur existence était menacée. Et à Force ouvrière, on active tous les réseaux, en particulier francs-maçons, pour tirer la sonnette d’alarme auprès du ministre, dont on sait depuis une enquête publiée en février par l’Express qu’il est lui-même membre du Grand Orient de France. S’il ne peut pas toucher à l’accord sur la représentativité, Xavier Bertrand se rallie à l’idée de donner une petite leçon au Medef, à la CGT et à la CFDT en refusant de ratifier l’article 17 sur les 35 heures. Comme ministre du Travail, il se complique la tâche. Mais comme secrétaire général adjoint de l’UMP, il flatte ses troupes.

Le vendredi 16 mai, le ministre réunit les signataires de la «position commune». Il leur tient un discours rassurant sur la représentativité, mais se montre sibyllin sur les 35 heures, rappelant juste, comme l’avait fait Nicoals Sarkozy, que le gouvernement ne toucherait pas à la durée légale du travail. «On s’est demandé ce qu’il préparait. Mais comme il parlait de transposer l’esprit et la lettre de notre accord, on ne s’est pas trop inquiété», raconte Marcel Grignard.

Le lundi 19 mai, Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, parle lors de son point de presse hebdomadaire d’un «démantèlement définitif des 35 heures». Invités ce jour-là rue de Grenelle pour parler de la mission européenne sur la fléxisécurité, les syndicalistes demandent à Xavier Bertrand ce que cela veut dire. Les conseillers du ministre du Travail tentent de les rassurer. Ils ne sont visiblement pas encore au courant de la décision prise quelques heures plus tôt, lors d’un petit déjeuner à l’Elysée, de lancer l’offensive sur les 35 heures. Patrick Devedjian est en fait chargé de préparer le terrain, ce qu’il a fait «un peu maladroitement», reconnaît un ténor de l’UMP.

Deux jours plus tard, le mercredi 21 mai, Michel Donnedu, le négociateur CGT, est reçu au ministère du Travail. Il comprend que le gouvernement les a menés en bateau. Reçue le lendemain, la CFDT en a confirmation.

Les deux organisations syndicales décident alors d’appeler à la mobilisation générale pour le 17 juin, sous les commentaires goguenards du secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qui reproche à ses homologues de pousser des grands cris après avoir «mis le doigt dans la porte». Seule consolation pour les signataires : la présidente du Medef ne les lâche pas. Le 10 juin, devant les parlementaires UMP, Laurence Parisot redit que le gouvernement aurait dû respecter l’accord, le Medef ne souhaitant pas «une victoire à la Pyrrhus» sur les 35 heures.



On refuse un référundum sur l’entrée à la turquie (meme si je suis pour!)

Le Sénat supprime le référendum obligatoire pour la Turquie

Ce vote supprime l’amendement introduit par des députés UMP fin mai. En cas d’élargissement, ce sera donc au Président de choisir entre ratification par voie parlementaire ou référendum.

AFP

LIBERATION.FR : mardi 24 juin 2008

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C’est la confirmation d’un premier vote lors d’un examen préparatoire du projet de loi, il y a une dizaine de jours. Hier soir, les sénateurs ont supprimé en séance plénière un amendement introduit par les députés dans la réforme des institutions rendant obligatoire un référendum pour une adhésion éventuelle de la Turquie à l’UE.

Sous la pression de plusieurs dizaines de députés UMP, l’Assemblée avait adopté le 29 mai en première lecture un amendement rendant le référendum obligatoire pour l’entrée dans l’Union européenne de pays représentant plus de 5% de sa population, ce qui concerne tout particulièrement la Turquie.

Retour à la case départ

Les sénateurs sont revenus ainsi à la rédaction initiale du texte de la réforme, introduite dans la Constitution en 2005 par le président d’alors Jacques Chirac, qui supprime l’automaticité d’un référendum pour tout nouvel élargissement. Ce sera au président de la République qu’il reviendra de choisir entre ratification par voie parlementaire ou référendum de toute demande de nouvelle adhésion à l’UE.

Tous partis confondus, hormis les communistes, les sénateurs ont dénoncé un amendement «offensant» et «discriminatoire» pour la Turquie, «pays allié et ami». Ils l’ont supprimé par 297 voix contre 7. Le PCF a défendu en vain un amendement réclamant des «consultations du peuple pour tout élargissement européen».

«Amendement controversé»

La garde des Sceaux, Rachida Dati qui, en commission, avait jugé la solution des députés «équilibrée», s’en est cette fois-ci remise «à la sagesse de l’Assemblée». «Cet amendement a suscité des controverses, et le gouvernement ne peut y être insensible. Il est confiant dans la capacité du Parlement de faire émerger une solution durant les navettes» parlementaires, a-t-elle déclaré.

«On ne montre pas du doigt un pays ami», a lancé Jacques Blanc (UMP). «C’est une disposition scandaleuse, indigne et méprisante pour ce pays», a renchéri Alima Boumédiene-Thiery (Verts). «On a le droit d’être pour ou contre l’adhésion de la Turquie, mais on a pas le droit de se cacher derrière une rédaction hypocrite», a poursuivi Bernard Frimat (PS).

«C’est l’occasion pour nous ce soir de donner à ce grand pays un témoignage d’amitié», a, de son côté, martelé le président de la commission des Affaires étrangères, Josselin de Rohan. «Les 5% ont déjà fait beaucoup de mal là-bas pour l’image de la France», a soutenu Jean-Pierre Sueur (PS).

«Mesure hypocrite et consternante»

«C’est une mesure hypocrite et consternante»
, a dit le centriste Pierre Fauchon, tandis qu’Hubert Haenel (UMP), président de la délégation pour l’UE du Sénat, jugeait qu’«une Constitution n’est pas faite pour régler des cas particuliers».

Début juin, le gouvernement turc avait fait part de son «irritation» à propos de l’amendement de l’Assemblée. Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a mis en garde les parlementaires contre le risque de «rupture plus grave qu’on ne le croit» avec Ankara, induit par ce référendum obligatoire.

Reste que ce vote devrait provoquer de vives réactions parmi les députés souverainistes de l’UMP, qui devraient faire entendre leur voix lors de la deuxième lecture du texte à l’Assemblée nationale.



La démocratie en france…..mon oeil!!!

On se prétend etre un pays démocratique donc par conséquent,qui prend en compte et qui respecte chaque voix des citoyens.

Est ce le cas ,actuellement,en france??

Pour répondre à cette question,il suffit de voir quelques actualités que nos hommes et femmes politiques nous offrent comme éléments de réponse,et ce de droite comme de gauche!

Exemple premier,la constitution européenne.Petit rappel,la France avait soumis par référundum cette constituon que je qualifirais de constitution libérale,anti social et anti démocrate!!

Oui,j’y vais un peu fort,mais faut prendre cela comme un appel à la réaction  plutot que comme une énième provocation.En effet,la destructuration des services publics,la notion de concurrence libre et non faussée,l’absence de controle démocratique sur la bce et l’absence de critères sociaux convergents ,nottament en terme d’alphabétisation,de convergence fiscale ou de la création d’un smic européen,ne m’avait pas convaincu à voter oui,pour une constitution qui,je pense,renforcerait le pouvoir des élites.

Collectivement,nous avons voté non à 55 %.Et au lieu d’étudier le non dans sa globalité(car difficile ,je le reconnais d’analyser en profondeur ce non!),les politiques se sont contentés de mettre la pression,à nous citoyens.Nous avons voté,nous allons mettre l’europe en crise.Ben voyons!Comme s’il y avait que nous,qui prenait les décisions!

Bref,deux ans passés,on pourrait dire deux sales années et voilà que sarko nous propose de faire passer ‘un pseudo traité simplifié ‘ par voie parlementaire,pour sortir l’europe de la crise.sic!

Mais c »est là qu’il est intéressant de constater le mépris qu’ont les politiques par rapport aux citoyens!

En effet,ce traité symbolise le non respect d’une vote majoritaire et surtout d’une absence de volonté de comprendre ce non!

Mais le pire vient de mon parti,un parti dit de gauche,un parti qui se dit défendre la démocratie mais qui n’a rien fait pour convaincre sur ce texte et,d’autre part,pour défendre la démocratie.

Voilà,à versailles,les socialistes se sont abstenues (en majorité!) quand à la ratification de ce texte par voie parlementaire!!Cela souligne le fait deux points selon moi :

Premièrement,on méprise le peuple quand à sa capacité de prendre collectivement des décisions alors que cette période de référundum a été riche en débats et a été très politisé.En tant que démocrate,on devrait se réjouir que des hommes et des femmes s’intéressent à leur avenir commun et qu’ils puissent prendre conscience de certaines décisions qui vont etre prises quand à leurs vies.

Deuxièmement,le parti socialiste est un parti pragmatique,donc libéral,oubliant sa vocation à défendre les citoyens et à leur donner les moyens de leurs émancipations,y compris intellectuelles.

mais comme ce parti est déconnecté de la réalité,il a préféré s’abstenir et trahir ces valeurs et marcher avec la droite.Il est beau le socialisme du réel,enfin en fait on parle de la réalité élitiste.

Aujourd’hui,on lit les nouvelles et qu’est ce qu’on voit que le président va pouvoir prendre la décision de consulter ou pas ,les citoyens quand à l’entrée de la turquie.cela signifie en gros,que nous risquons de voir la turquie passer sous notre nez quand à l’entrée dans l’Europe.

Alors moi,en tant que bon citoyen,j’ai envie de vous dire que Je n’ai pas voté sarko et que je réclame que l’on refasse un vote car les citoyens n’ont pas compris le projet de la droite et de la gauche,donc on va recommencer l’élection!!

Ben attendez,je ne vois pas pourquoi il y aurait deux poids,deux mesures dans cette démocratie!

Démocratie qui traite par ailleurs avec les plus grands dictateurs et qui ne dénonce aucun système barbare!!Je pense par exemple au zimbabwé!Où mugabé terrorisait et tue l’opposition et menace meme nos frères africains( viol,meurtres à la hachette….).Du coup,l’opposition s’est retiré de l’élection présidentielle(sic!) et aucun de nos politiques ne mettent ses sujets sur la table de l’opinion publique!

Et encore,y’a beaucoup d’autres exemples!!Mais en tant que militant de gauche socialiste,il faut savoir dire les choses quitte à ce qu’elles choquent!

On vit dans un système hypocrite,où l’on fait croire que l’on peut maitrisé nos vies.Mais en fait,on nous impose des décisions alors que nous étions contre et l’on cache des évenements susceptibles de faire prendre conscience à nos citoyens dans quel monde on vit!

cette droite n’est pas démocratique(et ca ,on le savait!) mais la gauche ne l’est plus et en plus,elle méprise le peuple!!je ne suis pas révolutionnaire mais je comprend pourquoi maintenant en 1789,certains ont coupé des tetes…

En créant des injustices,on crée les conditions d’un conflit et la déconstruction d’une paix sociale!



Réutilisation de l’évenement de vincennes contre le resf..

Incendie du centre de rétention: L’UMP met en cause RESF

«Il n’est pas tolérable que des « collectifs », type RESF viennent faire des provocations aux abords de ces centres», affirme un porte-parole de l’UMP, qui demande que «toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire».

AFP

LIBERATION.FR : lundi 23 juin 2008

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Un des porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, a critiqué ce matin, au lendemain de l’incendie du centre de rétention administrative de Vincennes, l’action de collectifs comme RESF qui se livrent à «des provocations (…) au risque de mettre en danger des étrangers retenus».

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«Il n’est pas tolérable que des « collectifs », type RESF (Réseau Education Sans Frontières) viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«L’UMP demande que dans l’affaire de Vincennes toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire, si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée», a-t-il ajouté, soulignant que «les départs de feu volontaires auraient pu faire des victimes».
 
«L’UMP demande la plus grande fermeté contre les collectifs qui se livrent à ce type d’actions à proximité de lieux où ils n’ont absolument rien à faire», a-t-il dit. «Des associations humanitaires ont accès quand elles le veulent à toutes les étapes de la politique de reconduite des étrangers, la CIMADE dans les centres, la Croix Rouge à Roissy», a fait valoir Frédéric Lefebvre.

Selon lui, «la plus grande transparence étant pratiquée dans notre pays, raison de plus pour ne pas tolérer que des associations comme RESF viennent semer le désordre au risque de déclencher des émeutes et des actes irréparables».



Un centre de rétention en feu à vincennes…

14 retenus manquent à l’appel après l’incendie du centre de rétention de Vincennes

Les deux bâtiments du centre de rétention administrative de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie provoqué par des personnes retenues.

AFP

LIBERATION.FR : lundi 23 juin 2008

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Les deux bâtiments du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie provoqué par des personnes retenues. Selon un bilan établi lundi matin, quatorze retenus en ont profité pour prendre la fuite sur les 249 que comptait le centre.

Dans le nuit de dimanche à lundi les retenus, qui avaient été regroupés dans le gymnase de l’école de police proche du CRA, ont été transférés vers d’autres centres en France situés à Lille (Nord), Nîmes (Gard), Palaiseau (Essonne) et Oissel (Seine-Maritime). Sur les dix-huit blessés légers dénombrés lors de cet incendie et qui avaient été conduits à l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu, dix s’y trouvaient toujours lundi matin et devaient sortir dans la matinée, selon la PP.

Selon des sources concordantes, tout a commencé après le décès samedi d’un Tunisien sans-papier de 41 ans, mort d’une crise cardiaque. Sa mort a entraîné un rassemblement dimanche d’un collectif de sans-papiers devant le CRA vers 15H00, et selon une source proche de l’enquête, des retenus ont mis le feu à des matelas.

« A 15H45, plusieurs foyers d’incendie volontaire ont été détectés. (…) Le feu s’est propagé et a gravement endommagé les deux centres », -le CRA 1 et le CRA 2-, qui abritent des sans-papiers en attente d’expulsion ou de libération, selon la PP.

« Les deux bâtiments sont entièrement détruits et les personnes ont été évacuées dans le gymnase de l’école de police », situé dans le CRA, a indiqué à l’AFP un policier du syndicat FO police, Luc Poignant, confirmant des informations données par des membres du réseau Education sans frontières présents (RESF) sur place.

Selon Jean-Pierre Brard, député (app. PCF), qui a pu entrer dans le CRA peu après 18H00, il y a eu « au moins 14 blessés », intoxiqués par des gaz lacrymogènes utilisés par des forces de l’ordre pour disperser une manifestation à 14h30 des retenus du centre dans la cour. Le député Verts Noël Mamère a évoqué « une mutinerie » .

A 19H30, le feu était maîtrisé, a constaté une journaliste de l’AFP. L’opération a nécessité une cinquantaine d’engins et plus de 150 pompiers.

Selon la PP, le CRA, d’une capacité maximale de 280 personnes, contenait 249 retenus dimanche. Il a été ces derniers mois plusieurs fois le théâtre de tensions, certains retenus protestant contre leurs conditions de rétention.

Ces incidents interviennent alors qu’un Tunisien de 41 ans est décédé samedi en fin d’après-midi dans ce CRA, « d’une crise cardiaque », selon les premiers éléments de l’enquête. Ce ressortissant tunisien était « sous le coup d’une interdiction définitive du territoire français prise par la cour d’appel de Paris ».

Son autopsie dimanche n’a rien révélé d’anormal, selon la PP. « Tant les premières constatations médicales que l’autopsie, réalisée dans le cadre de l’enquête en cours menée par la police judiciaire, écartent la présence de traces anormales », a-t-elle précisé.

Le député Verts Noël Mamère a demandé dimanche la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, dénonçant les « conditions inacceptables » du quotidien des personnes retenues.

La Cimade, seule association autorisée dans les CRA, a mis en cause un centre « non conforme à la réglementation, déplorant « la surdité de la préfecture de police et du ministère de l’immigration ».

Pour France Terre d’asile, ces « événements dramatiques étaient hélas prévisibles ». L’association a dénoncé « une politique absurde qui (…) entache notre réputation de terre des droits de l’homme ».



Sarkozy en israel….

Sarkozy comme chez lui en Israël

Très populaire en Israël, Nicolas Sarkozy devrait profiter de deux jours de visite d’Etat pour confirmer la nouvelle politique de Paris au Proche-Orient. Et plaider pour son projet d’Union pour la Méditerranée.

CHRISTOPHE AYAD et ANTOINE GUIRAL

QUOTIDIEN : lundi 23 juin 2008

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Philosémite ET pro-israélien. S’il est un domaine où la rupture est nette entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, c’est bien celui des relations avec l’Etat hébreu, où il est arrivé hier pour une visite d’Etat de trois jours. Là où son prédécesseur était devenu un «héros arabe», Sarkozy s’affiche sans complexe comme «l’ami d’Israël». Un choix qui doit autant à son histoire personnelle qu’à son parcours électoral et sa vision du monde.

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Catholique non pratiquant, Nicolas Sarkozy n’a découvert qu’en 1972, à l’âge de 17 ans, que son grand-père maternel, qui venait de mourir, était juif. Un choc. Beniko (dit Benedict) Mallah était pour lui comme un père. «Un homme que j’adorais», raconte-t-il. Qui l’emmenait au défilé du 14 juillet voir son grand homme, De Gaulle, et manger des glaces. Mais ne lui a jamais parlé de sa judéité. Cet homme était originaire d’une grande famille juive séfarade de Thessalonique, en Grèce. Né en 1890, il est envoyé en France par ses parents en 1912 comme pensionnaire au lycée Lakanal de Sceaux (Hauts-de-Seine). Médecin durant la Première Guerre mondiale, il rencontre en 1918 Adèle, une veuve de guerre, et se convertit au catholicisme pour l’épouser, coupant tout lien avec la communauté juive. Ils auront deux filles dont Andrée (dite Dadu), la mère de Nicolas Sarkozy. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la famille s’exile en Corrèze, par crainte d’être rattrapée par les origines juives de Benedict, avant de revenir à Paris à la fin de l’été 1944. Cet épisode, que Nicolas Sarkozy découvre également sur le tard, va profondément le marquer.

Liens. Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, assure n’avoir jamais parlé de ces questions avec lui. «Nous partions parfois en vacances ensemble avec une bande de copains juifs à moi, mais ne parlions jamais de religion.» Il remarque qu’aujourd’hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. «Dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient», s’amuse-t-il.

Depuis le début de sa carrière politique, Sarkozy a «travaillé» avec un soin tout particulier la communauté juive. Ses valeurs, ses codes, ses rites lui sont plus que familiers. A Neuilly, qui abrite une importante population juive, il a célébré des dizaines de mariages et n’a jamais raté une fête à la synagogue. Au ministère de l’Intérieur, il a davantage encore tissé des liens avec les juifs pour les convertir au sarkozysme électoral. Sur fond d’actes antisémites à répétition qui ont valu à la France de très sévères critiques dans la presse étrangère et en Israël, il rompt dès 2002 avec la prudence de Chirac et de Jospin : «Il ne faut pas être trop intelligent avec les actes antisémites en cherchant des explications, il faut être sévère», lance-t-il au Président. Hyperréactif, il se rend au chevet des victimes du moindre acte antisémite et n’a pas son pareil pour trouver les mots justes qui touchent la communauté. Une fois à l’Elysée, il est le premier président français à aller au dîner annuel du Crif, où il est acclamé. Autre initiative très appréciée des autorités israéliennes : il se rend en mai à la cérémonie au Trocadéro pour le 60e anniversaire d’Israël.

En politique étrangère, Nicolas Sarkozy a «quelques idées simples» lorsqu’il se lance dans la course à l’Elysée, selon le député UMP Pierre Lellouche, atlantiste et pro-israélien convaincu, qui l’a conseillé un temps : refus du terrorisme, volonté de renouer avec les Etats-Unis, affirmation des valeurs occidentales. Un socle très influencé par son passage au ministère de l’Intérieur. Malgré les années passées au RPR, il est imperméable au dogme gaulliste. Affichant de plus en plus sa différence avec Chirac, Sarkozy se démarque de la sacro-sainte «politique arabe de la France» -- un concept qui «ne veut rien dire», selon lui -- et désapprouve mezzo vocela menace de veto à l’ONU contre l’intervention américaine en Irak. Il n’a jamais rencontré Arafat et ne cultive pas de relation personnelle avec les leaders arabes, contrairement à son prédécesseur.

«Vision». Le puissant American Jewish Committee, qui reçoit Sarkozy en 2004, voit en lui un «homme de charisme, de vision, de courage». En janvier 2005, alors qu’il vient de prendre la présidence de l’UMP, il effectue un voyage de trois jours en Israël, où il est reçu comme un chef d’Etat par Ariel Sharon, premier ministre. «L’urgence ? La sécurité d’Israël», plaide-t-il. Son pari, selon un proche : en se proclamant l’ami inconditionnel d’Israël, influer sur la partie la plus puissante du conflit israélo-palestinien. Ce qui le rapproche plus du Mitterrand de 1982 à la Knesset que du Chirac de 1996 et son houleux voyage à Jérusalem.

A l’arrivée de Kouchner au Quai d’Orsay, les pro-israéliens, jusque-là très minoritaires, relèvent la tête. La première visite d’Etat d’un dirigeant étranger en France est réservée à Shimon Pérès, en mars. Ce dernier offre en retour à Nicolas Sarkozy un terrain au sud de Tel Aviv comptant 3 600 oliviers. On ne sait pas s’il ira jeter un coup d’œil à sa nouvelle propriété lors de sa visite en Israël.



Pourquoi je suis contre l’antisémitisme??

Les faits qui se sont déroulés dans le 19 ème arrondissement de paris,samedi soir,lors de l’agression d’un jeune francais d’origine juif sont inquétants mais sont la conséquence d’une suite d’évenements que la presse n’avait pas relayés.

En effet,il semblerait que le 19 éme ,soit le lieu d’un affrontement dans l’objectif d’une domination communautaire.Apparament,des bandes d’origines juives s’affrontent contre des bandes de francais d »autres origines….depuis 2007.

La licra (dont le président est l’un des meilleurs ami de n.Sarkozy) dit avoir avoir recensés plus de 25 agrssions contre des francais d’origines juves(voir l’article de libé que je vais poster…)

Le problème est où??Déjà,il faut une attaque grave pour que les médias puissent s’élever contre un combat qui essentielle pour notre démocratie,notre république et notre paix : c’est à dire la racisme.

Cette instrument de division qui permet à certains d’avoir le controle de la société.Mais un terme se laisse toujours à réfléchir…En effet,pourquoi parle t-on d’antisémitisme ET de racisme?

Pourquoi cela serait-il différent d’un acte raciste??

Pour ma part,je m’élève contre cette différenciation car le racisme n’est pas le monopole d’une seule communauté.De plus,l’antisémitisme est un terme qui permet de faire comprendre qu’il y aurait une communauté qui serait plus victimes que les autres.or,ce n’est pas le cas et on pourrait meme sire que ce terme est inconsciemment coupable de victimiser les francais d’origines juives et qui met les autres communautés à l’écart de la lutte contre le racisme et qui plus est ,insinue meme que les autres communautés seraient coupables d’antisémitisme.

De plus,Jean marie le pen joue sur les mots quand il parle de racisme d’anti blanc,faisant valoir justement ce sentiment que certains victimes de racismes et que d’autres eraient coupables.

Je suis donc fondamentalement contre ce terme d’antisémite qui fait preuve d’une hypocrisie qui règne dans notre société quand à la lutte contre le racisme.

Je suis de gauche et par conséquent,je crois en l’égalité.Or,la lutte contre le racisme doit justement etre égalitaire.Ne pas rendre coupable ou victime ,une communauté plus qu’une autre.Comme je l’ai dit,le racisme n’est pas le monopole d’une seule communauté.C’est un principe important.

Mais à l’heure où l’on réduit les moyens sur l’éducation,où Sarkozy est le meilleur ami d’israel,coupant tout lien amicale avec les chefs arabes(sauf les dictateurs!!comme khadafi ou le président syrien…sic!),où l’on ne dénonce pas ce terme injuste dans le sens égalitaire d’antisémitisme,où l’on cultive le communautarisme(la preuve par ce terme et par le traitement de l’actualité par les médias!)..Ne peut on pas craindre une régression,voire uen vive tension exprimé par la violence forte et régulière, dans notre pays en terme de vivre ensemble et en terme de paix sociale????

 



Engagez vous

2008…triste date année.2007,triste année.2006,triste année….

Depuis plusieurs années,l’ombre concernant notre avenir ne fait que s’étale.La fatalisme a pris toute sa place et tout sa juste mesure sur notre société.On se sent impuissant quand à l’action qu’on doit engagé pour ,véritablement,sauver le monde.

Sauver le monde…cette phrase pourrait sembler abérante,éxagérée mais il s’agit bien de cela aujourd’hui,voilà le nouveau et grand défi de notre génération.Une génération qui a bien du mal à se relever,elle qui est né les genoux cloués au sol..

Vous pourriez me dire : Loic,t’es trop pessismiste,allez prend ta vie ,ton avenir en main.Rien n’est perdu..

Et je vous répondrais : Bien vu!

Car il existe des solutions,des alternatives,des valeurs qui permette au monde de progresser.

tout d’abord,je crois au collectif .C’est ,pour moi,la valeur fondamentale de l’engagement.Vouloir contribuer à changer le monde ,s’engager avec les autres,prendre conscience des autres.C’est avec cette première réalité qu’il faut,selon moi,s’engager.

Ensuite,une des valeurs fondamentales pour s’engager,c’est le possible.Croire que l’on peut changer le monde,avec de nouvelles solutions,découvrir des expériences,échanger des pans de vies,rencontrer,s’ouvrir l’esprit.Croire dans le bon coté de l’homme,dans son action,son esprit humanisants.

Enfin,la dernière valeur essentielle pour l’engagement c’est le courage.Ne jamais rien lacher quand à ses convictions,savoir introduire le doute pour pouvoir etre plus exigent avec soi meme.Le courage n’est pas une qualité,ni un défaut….c’est un outil.

Ce sont ces trois qualités qui me permettent de tenir mon engagement et de le bonifier.

Mon souhait le plus cher est que je reve de voir des milliers de jeunes venues de tous horizons,s’engageant activement dans une cause qui leur semble juste,qui confortent l’interet général et qui leur permettent de s’émanciper.

Car s’engager dans une cause,dans des valeurs,dans un idéal de faire évoluer le monde,c’est aussi s’engager dans la voie de sa liberté!

Alors engagez vous!



La droite veut casser en douceur les 35 heures…

Aujourd’hui, ce sont douze députés de droite qui partent en mission dans les entreprises de leur circonscription pour montrer que «le travailler plus pour gagner plus» marche du feu de Dieu. Un moyen de saluer dignement pour le gouvernement et l’UMP les dix ans de la première loi Aubry sur la réduction du temps de travail et de démontrer l’efficacité du dispositif des heures sup’ défiscalisées sur le pouvoir d’achat.

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Frédéric Lefebvre, député sarkozyste des Hauts-de-Seine et porte-parole de l’UMP, qualifie les 35 heures de «plus grande erreur économique jamais commise en France». Les heures sup défiscalisées, en revanche, ont «non seulement permis aux gens de gagner plus, mais cela ne s’est pas fait au détriment de l’emploi.» Alors, pourquoi ne pas pousser plus avant la réforme et rallonger la durée légale du travail ? «Parce que si nous le faisions, les entreprises devraient rembourser les exonérations de charges, explique Lefebvre. Et on risque de casser les plus petites.» La majorité en serait donc réduite à «faire sauter un par un les verrous qui déstructurent notre économie» en proposant des mesures qui permettent de gagner plus à ceux qui le veulent et de laisser en paix «ceux qui ont les moyens de travailler moins.»

Faire sauter des verrous au risque de la complexité ? Jean Arthuis, sénateur UDF de la Mayenne, ne cache pas préférer une abrogation qui irait de pair avec une remise à plat du financement de la protection sociale, pesant moins sur le travail. «Les 35 heures étaient une usine à gaz, dit-il. Malheureusement, le dispositif heures sup en est une seconde.» Perfidement, Arthuis rappelle que si la droite est aussi gênée aux entournures sur la RTT aujourd’hui, c’est peut-être parce que c’est elle qui l’a initiée «en 1996 avec Gilles de Robien et que Alain Juppé a été le premier maire à appliquer la RTT dans sa ville à Bordeaux. C’était dans l’air du temps…» Cette séduction, Frédéric Lefebvre s’en souvient: «A l’époque, j’étais au cabinet de Sarkozy à Bercy. Pierre Larrouturou (économiste, ndlr) venait nous montrer ses belles courbes, la solution était séduisante. On n’y croyait pas, mais la gauche a sans doute fait l’erreur de bonne foi.»

«Fascination». Hervé Mariton, député UMP villepiniste de la Drôme, est plus cruel sur l’attitude de la droite : «Sarkozy, dans le fond, est fasciné par le sens de l’histoire. Et pour lui, dire non aux 35 heures, c’est dire non à la modernité. On sait que la RTT est un méfait, mais on n’a pas envie d’aller jusqu’au bout.» Mariton relève malicieusement que le président de la République, qui a visité la semaine dernière une usine Danone sur le thème du pouvoir d’achat, a peut-être commis un joli acte manqué. «Cette usine a fait partie de celles qu’on mettait en avant il y a dix ans pour l’application réussie des 35 heures, voire des 32 heures, rappelle le député. La droite a un complexe avec cette histoire. On continue à céder à Dominique Méda (l’une des théoriciennes de la RTT, ndlr) . Et on n’ose pas dire zut à monsieur Riboud, le patron de Danone et à d’autres patrons qui s’accommodent de cette organisation du travail.» D’autres élus avancent des explications plus pragmatiques : «On ne veut pas trop se fâcher avec les cadres qui ont profité des RTT, dit un député UMP. Et puis, vu ce qui nous attend sur les retraites, autant ne pas braquer la CFDT qui avait porté la mesure.»

«Clivant». Benoist Apparu (UMP Marne) fera partie des députés qui partent en mission dans les entreprises aujourd’hui. Il insiste sur la nécessité «de donner de plus en plus de souplesse aux entreprises, en leur permettant de négocier des accords individualisés. On ne peut pas revenir sur les lois Aubry. Ce serait trop clivant, trop dangereux». La rupture sarkozyste pourrait donc se marier avec une certaine prudence. Ou opportunisme.



La valeur du loisir pour stiglitz

La valeur du loisir est un élément de la richesse»

Pour Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, les salariés doivent profiter des gains de productivité :

Recueilli par GRÉGOIRE BISEAU et FABRICE ROUSSELOT

QUOTIDIEN : lundi 19 mai 2008

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Prix Nobel d’économie, ancien conseiller de Bill Clinton puis chef économiste de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz est l’économiste préféré des altermondialistes. De passage à Paris pour faire la promotion de son dernier ouvrage (1), il évoque, pour Libération, la question de la réduction du temps de travail.

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La France fête les 10 ans de ses 35 heures. Une politique de réduction du temps de travail diamétralement opposée à celui des Etats Unis…

Dans le cadre de la mission que le gouvernement de Nicolas Sarkozy m’a confiée avec d’autres experts, nous réfléchissons à la façon d’établir de nouveaux instruments de mesure pour évaluer la richesse d’un pays. Je pense notamment que l’on doit intégrer dans la mesure du PIB ce que j’appelle la «valeur du loisir». C’est important dans une société efficace que les gens qui veulent un travail puissent en trouver un. Mais si ces personnes veulent prendre un mois de vacances durant l’été, est-ce pour autant un «dysfonctionnement» de cette société ? Evidemment non : c’est juste le choix de profiter au mieux des gains de productivité et du progrès technologique. Les Américains travaillent aujourd’hui plus qu’il y a trente ans. Ils devraient pouvoir en profiter plus, mais ce n’est pas le cas. Ils disent travailler pour offrir de meilleures conditions à leurs familles, mais la conséquence c’est qu’ ils n’ont plus de temps à consacrer à leur famille.

Alors pour ou contre les 35 heures ?

L’un des enjeux des 35 heures était de partager les heures de travail pour permettre à plus de gens de travailler. C’était aussi l’occasion de trouver entre patron et salariés des accords d’entreprise spécifiques. Il faut développer ces cadres législatifs et sociaux qui permettent à chacun de passer plus de temps en famille quand on en a envie. Evidemment, cela a un coût économique, plus important à supporter pour une petite entreprise. Quand vous n’avez qu’un comptable et qu’il prend du temps pour lui, ce n’est pas facile à gérer. Tout est donc affaire d’arbitrage : entre une aspiration sociale légitime et un coût économique global. Ce qui nous enseigne la théorie économique, c’est que lorsqu’une économie augmente sa productivité, le temps de loisir croît. Il y a encore trente ans, il y avait très peu de différence entre la France et les Etats-Unis. Ce qui se passe aujourd’hui en matière de temps de travail aux Etats-Unis est aberrant.

(1) Une guerre à 3000 milliards de dollars, de Joseph Stiglitz et Linda Bilmes, Fayard, 354 pp.